Catégorie : Blogue

  • Prendre le rythme de la nature

    Prendre le rythme de la nature

    Olivier et Antoine, les propriétaires de la Souche, ont maintenant quelques saisons de production à leur actif avec leurs installations acéricoles qui jouxtent la microbrasserie. J’ai pris le temps ce printemps d’aller les visiter pendant que ça bouillait à la petite sucrerie, question de faire le point et de voir quelle place leur cabane à sucre s’est faite dans l’univers brassicole de la Souche.

    Le projet initial a été fondé sur la passion : le père d’Olivier, Pierre, a toujours baigné dans la culture acéricole et il a transmis cette passion à son fils. Tous deux ont toujours eu l’envie de faire l’acquisition d’une érablière, une occasion qui ne s’est jamais présentée. Antoine quant à lui possédait une érablière dans une autre région avec son père, mais c’était trop loin pour concilier les responsabilités à la brasserie et l’engagement que commande l’acériculture.

    Lors de l’aménagement du terrain suite à la construction de la brasserie à Stoneham, Olivier et Antoine constatent la présence de quelques entailles au fond du terrain… Il n’en fallait pas plus pour rêver d’y faire les sucres. Les gars ont réussi à augmenter la récolte potentielle en louant des entailles à un acériculteur de Stoneham et voilà que leur sucrerie était sur les rails avec la capacité de produire tout le sirop nécessaire à leur production de bière brassée avec du sirop d’érable.

    Aujourd’hui, en plus de permettre aux visiteurs de la Souche d’observer et de découvrir les techniques permettant de produire le délicieux sirop d’érable, la cabane est également devenue un repère pour apprécier le temps qui passe. Car être entrepreneur, c’est accepter que tout se passe rapidement, intensément et dans un esprit de défi constant. Lorsque Olivier va rejoindre son père pour quelques heures autour de la bouilleuse fumante, il n’a que quelques pas à faire de la brasserie. C’est un petit univers dans le paysage de la Souche, un lieu où la nature dicte l’emploi du temps et le rythme du moment. C’est ce genre de petit contact avec soi-même et les gens que l’on apprécie qui fait la vie, qui nous aide à faire face au tumulte du quotidien et lors de ma visite à la
    cabane ce printemps, c’est essentiellement ce dont Olivier m’a parlé.

    Je connais bien cet effet, ce que procure cette période qui est pour moi à chaque printemps une occasion de ressourcement même si faire les sucres est très exigeant, particulièrement dans les montagnes de Tewkesbury où est située ma sucrerie. Certains vont dans le sud une fois par année pour se retrouver, moi je fais un voyage dans le temps, le temps des sucres. Un temps où le focus est entièrement porté sur l’ambition de ne rien perdre de ce que la nature nous offre : la précieuse eau d’érable. C’est un temps d’observation de la nature, de gratitude, de partage et de retrouvailles. C’est un temps qui est en quelque sorte sacré. Au printemps prochain, si vous voyez des vapeurs sortir de la huche qui trône sur le toit de la sucrerie de la Souche, passez dire bonjour et
    saluer Antoine, Olivier ou son père, Pierre, affairé à produire le divin nectar.

  • La Canardière forestière ou l’identité territoriale

    La Canardière forestière ou l’identité territoriale

    On développe aujourd’hui tout un ensemble de mots et de concepts nouveaux pour tenter d’éveiller notre sensibilité à l’environnement. Comme si, par le discours, on allait trouver le chemin qui mène au bon sens. 

    On cherche quelque chose comme un slogan capable de nous mobiliser de manière raisonnable face aux enjeux liés aux impacts de notre mode de vie sur notre planète. Mais l’anthropologue que je suis, spécialiste des questions culturelles et sociales, est bien au fait que si nous étions des êtres rationnels et guidés par le bon sens, on le saurait depuis longtemps et on serait en mesure d’apprécier les fruits de cette prétendue rationalité.

    En fait, il faut l’admettre humblement, nous sommes des êtres traversés par l’émotion, l’envie, la faim et le désir, guidés par les récits, les mythes et des rumeurs d’aventures que nous inspire notre simple présence sur une planète dont nous ne connaissons encore pas grand-chose

    Afin de trouver une voie susceptible d’éveiller nos consciences en cette époque de bouleversements rapides, je vous propose de déguster une bière et d’emprunter un sentier de sensibilisation tout en saveurs.

    C’est une idée que je cultive depuis un moment et qui s’est cristallisée dans mon esprit lors d’une expérience de brassage avec Antoine, Jean-Christophe et Francis, de la microbrasserie La Souche. J’ai eu l’honneur et le grand plaisir d’être invité à proposer des idées pour une version de la Canardière qui parlerait de mon lien avec La Souche dans le cadre du 10e anniversaire du pub de Limoilou. Dans ce contexte, plusieurs personnes, collaboratrices ou amies de La Souche, ont été invitées à brasser en petits lots des versions éclatées de cette West Coast IPA qu’est la délicieuse Canardière, du nom du chemin où est situé le premier pub de La Souche.

    Mon lien avec La Souche, ou plutôt celui de ma famille, il est tissé de récoltes de pousses d’épinettes, de sapins, de fleurs d’épilobes, de pissenlits et de cerises à grappes. C’est un lien agroforestier huilé au sirop d’érable et consolidé par un amour du territoire partagé avec les fondateurs de La Souche, Antoine et Olivier, biologistes de formation. C’était donc tout naturel pour moi de vouloir mettre un peu de forêt dans la Canardière, cette urbaine qui avait déjà en elle un peu le goût d’un arbre résineux et la puissance aromatique d’un automne en forêt. Pour être bien franc, j’ai voulu mettre un peu de la Tordeuse impériale (ma bière préférée de La Souche, une black IPA à l’épinette à 9%) dans la Canardière. J’ai voulu métisser un peu de vie sauvage avec nos prétentions de grande civilisation. Antoine m’a encouragé en ce sens en y allant franchement avec une bonne dose de pousses d’épinettes et une bonne quantité de thé du Labrador, dont la feuille mature apporte des notes d’agrumes qui viennent balancer l’amertume de cette recette qui se permet un excès de saveurs.

    En dégustant le produit final et en contemplant la magnifique étiquette conçue par Félix, c’est donc cette idée, celle d’une identité qui ne serait pas fondée sur notre simple consommation, mais plutôt sur l’origine de ce que nous consommons qui s’est cristallisée en moi. Cette idée, plus concrètement, c’est celle du terroir comme outil de mobilisation premier pour nous faire comprendre l’idée que c’est en goûtant au territoire, en apprenant à l’aimer au quotidien et pas seulement les jours de camping, que l’on va arriver à incarner cette envie de demeurer sur cette planète encore longtemps.

    Visionner la capsule vidéo portant sur ce sujet en visitant le site de notre partenaire: Le Goût du territoire 

    SANTÉ! 🍻

  • Incarner nos valeurs et relever les défis de notre époque

    Incarner nos valeurs et relever les défis de notre époque

    J’ai récemment fait une rencontre qui m’a donné confiance par rapport aux défis qui sont les nôtres en matière environnementale. Ce n’est pas un spécialiste des changements climatiques, ni même un biologiste, un militant ou un autre savant du domaine qui m’a fait cet effet, mais un cuisinier œuvrant à la Souche à Stoneham,Nicolas Horswill.

    Sa lorgnette, la fenêtre par laquelle il regarde le monde, c’est celle de la cuisine, de la préparation de nourriture qu’il veut fraîche et appétissante, locale et la plus saine possible. C’est une position qui est simple, mais qui a beaucoup de sens, ne serait-ce que parce que nous mangeons trois fois par jour. Surtout, ce n’est qu’à travers la pratique de son métier, que Nicolas arrive à incarner ses valeurs et à s’inscrire dans quelque chose de plus grand que lui. Ça m’a touché, car s’il y a un sentiment partagé à notre époque, c’est celui de l’impuissance et Nicolas lui, on sent bien qu’il a l’impression de faire une petite différence et qu’il est plutôt optimiste. Quand on lui parle d’avenir, il est convaincu que nous ne sommes pas dans un cul-de-sac, mais plutôt dans un point de bascule. Par définition, ce genre de passage peut nous emmener dans plusieurs directions. Pourquoi est-ce que ça ne pourrait pas être dans une direction moins anxiogène et plus inspirante, plus positive, plus constructive?

    Je pense avoir compris qu’un aspect permettant à Nicolas d’avoir cette posture motivante, c’est qu’en plus de son travail aux cuisines, il s’affaire à l’entretien du jardin de la Souche. C’est cet à-côté qui lui permet de s’inscrire dans une démarche lui faisant sentir qu’il contribue à un certain effort pour changer les choses. Avoir la possibilité de servir des aliments frais, des produits qui n’ont pas voyagé, qui n’ont pas été aspergés d’insecticides ou d’herbicides, c’est le petit bout qui lui permet de penser qu’il fait un peu partie de la solution.

    Est-ce que Nicolas croit que le monde va changer parce qu’une microbrasserie à Stoneham cultive une partie de ce qu’il sert en cuisine ? Bien sûr que non, mais un pareil jardin exposé à la vue de la clientèle, ça donne des idées et, de cette initiative, deux, trois, quatre jardins de plus se mettront en place dans la municipalité et, un jour, une masse critique de jardiniers arriveront à donner de l’élan à un mouvement. Il n’y a pas de secret, pour qu’une communauté puisse avoir accès à une nourriture saine et locale, elle doit s’y activer. Et depuis quelques années, on peut donner raison à Nicolas, on semble être dans un point de retournement, un point de bascule.

    Après avoir prédit pendant des années que notre région ne deviendrait qu’une banlieue de plus, sur la carte de l’agglomération de la ville de Québec, on a vu apparaître plusieurprojets agricoles de différentes envergures : les Jardins de la résilience et la Ferme des Cantons à St-Adolphe, les Jardins du Détour à Stoneham et, plus récemment, les Jardins du Nique à Tewkesbury. Plusieurs petites exploitations acéricoles sont également apparues et, dès 2024, c’est un premier centre de bouillage de sirop d’érable qui sera mis en construction dans la vallée de Tewkesbury. C’est dans cet esprit qu’est également née la Foire Agroforestière de Stoneham-et-Tewkesbury qui a tenu sa deuxième édition cet automne. Autant d’initiatives qui vont dans le sens d’un nouveau rapport au territoire, un rapport plus respectueux, conscient du fait que les forêts qui nous entourent ne constituent pas qu’un décor : elles garantissent la pureté de notre eau, fournissent des matériaux pour nos habitations et de plus en plus de nourriture, comme les champignons, le sirop d’érable, des pousses et plus encore, que nous découvrons dans un esprit de nouveauté alors que ces ressources sont là depuis toujours. Rien n’a changé, si ce n’est que notre regard qui, tranquillement, s’affute pour discerner le fait que nous vivons au milieu de trésors…

    Échanger avec Nicolas m’a invité à me dire que nous avons tous ce petit trait d’union que l’on peut ajouter dans nos vies, un petit plus qui peut permettre de relier notre métier aux autres de manière significative afin de contribuer à la mise en place d’une culture plus reconnaissante face à la nature, plus bienveillante face à notre avenir.

    Visionner la capsule vidéo portant sur ce sujet, visitez le site de notre partenaire: Le Goût du territoire 

  • La Gose Vie Sale – Édition laurentienne

    La Gose Vie Sale – Édition laurentienne

    Lorsque l’équipe de la Souche m’a contacté à titre de cueilleur d’aromates sauvages pour brasser des idées autour du projet d’une édition plus locale de la Gose Vie Sale, l’intention de départ était d’y ajouter des saveurs forestières, des saveurs dont il est convenu depuis un bon moment d’associer à l’univers boréal. Cet univers qui s’étend tout autour du globe, là où les températures vont en deçà de -3c et dont le nom, lié à la nordicité, se conjugue dans le langage populaire avec ce qui caractérise plusieurs produits du terroir québécois. Le concept initial était donc de faire une Gose Vie Sale boréale.

    Mais si la forêt boréale couvre la plus grande partie du territoire du Québec et du Canada, les forêts autour de La Souche n’en font pas partie. À Stoneham-et-Tewkesbury, nous sommes dans la forêt laurentienne humide. Des fleurs, des fougères, des épinettes rouges et des blanches – pas que de la noire – des grenouilles particulières et beaucoup de mammifères, des bouleaux jaunes et des érablières, bref toute une diversité du vivant qu’on ne retrouve pas au pays de la boréalie. C’est un détail qui a son importance pour le montagnard que je suis, bien installé avec les miens dans mon érablière sur les flancs des Laurentides. C’est un monde à l’image de La Souche, débordant de saveurs diversifiées, plus faste que la forêt boréale, ce monde pré-polaire qui se décline plus au nord dans la rustre taïga qui s’estompe dans les pierres et les lichens de la toundra. 

    On pense aux Laurentides lorsqu’on évoque la région du nord de Montréal, mais ce sont toutes les montagnes qui défilent du haut de la métropole vers l’est, jusqu’à chez nous, qui portent ce nom. Les montagnes où l’on skie, où l’on grimpe et où l’on entaille les érables, à Stoneham-et-Tewkesbury, ce sont aussi les Laurentides. Le bouclier qui porte notre territoire est également laurentien, tout comme le fleuve bordant notre région plus au sud et où l’on peut se rendre en empruntant l’autoroute… laurentienne.

    En fait, même nous, tous les habitants du Québec, avons déjà été envisagés comme étant un peuple laurentien dans le roman d’anticipation de Jules-Paul Tardivel (Pour la patrie, 1895) dont l’action se déroule dans un état distinct du Canada, dans le monde utopique de l’empire laurentien. La flore de cet univers où est installée La Souche Stoneham, c’est la majestueuse flore qu’a décrit le frère Marie-Victorin dans son ouvrage de botanique classique et indémodable intitulé Flore laurentienne. Une flore singulière et riche d’une biodiversité qui me surprend toujours et dont le nom, à mon humble avis, devait être associé à l’édition spéciale de la Gose Vie Sale. 

    Je me suis permis de penser que ça pouvait être plus qu’une bière qui goûte notre territoire, mais un breuvage témoignant de notre identité, de l’utopie que portent encore les gens qui viennent habiter dans les montagnes autour de La Souche Stoneham en faisant le choix de s’entourer de nature.

    Lorsque j’ai pris le temps de partager cette envie de précision à Jean-Christophe Bilodeau – responsable de la production à La Souche Stoneham – mon plaisir fut total en constatant son ouverture à cette idée, ce détail qui pour moi ferait toute la différence.

    En prenant le temps de signifier jusque dans son nom que ce projet de bière était laurentien, et non pas boréal, Jean-Christophe assumait pleinement cette attitude qui fait de la Microbrasserie La Souche ce qu’elle est à mon avis : une équipe animée d’une soif d’authenticité et d’une sincère envie de s’ancrer dans le territoire où elle cultive son art de la bière. Une équipe consciente de son environnement et qui en est fière.

    Santé les Laurentiens !

    Pour découvrir plus de contenus du webmagazine le Goût du Territoire 👉legoutduterritoire.com

  • Brasseur d’un jour à La Souche!

    Brasseur d’un jour à La Souche!

    Au mois d’août dernier, dans le cadre des célébrations de notre 10e anniversaire, nous avons organisé un concours dans le but de rechercher un brasseur amateur. Nous avons donc invité les aspirants brasseurs à nous fournir une recette de bière originale et à nous expliquer leurs inspirations et pourquoi nous devions les choisir. Après la réception de nombreuses candidatures, notre équipe a passé en revue les différentes propositions. C’est ainsi que la recette de Patrick Bouchard a attiré notre attention.

    Ce dernier nous proposait de réinterpréter la recette de la Canardière de manière à rendre hommage au côté festif, underground et punk du quartier Limoilou. Cet amateur de nos bières, attiré par le concept du concours et par l’envie de vivre l’expérience de brasser à plus gros volume, a plongé dans ses souvenirs liés à Limoilou: les longues nuits festives, les premières expériences vécus pendant les années de cégep, les premiers appartements, etc.  C’est ainsi que lui est venue l’idée d’une Canardière sur l’acide et qu’il nous a proposé une recette de West Coast Sour IPA. Afin de donner à sa bière une petite touche québécoise et d’y apporter des notes “sapineuses”, Patrick proposait l’ajout de sapin baumier.

    Nous avions trouvé notre vainqueur!

     

    Notre gagnant, qui brasse dans son garage depuis 6 ans, en plus de se mériter un prix d’une valeur de 500 $, est venu brasser avec nous, à Limoilou, le temps d’une journée! Ce dernier n’en était pas à sa première expérience de concours de brasseur amateur et il a déjà concocté plusieurs recettes originales de bières. Cependant, il a l’habitude de brasser que 20 litres à la fois. Il a donc apprécié expérimenter le brassage à plus grand volume, entre autres, pour constater les quantités d’ingrédients utilisées (ex. levure et houblons).  Au cours de sa journée de brassage, Patrick a également eu l’opportunité d’utiliser le seigle, un ingrédient avec lequel il n’avait jamais travaillé auparavant. Après avoir goûté les saveurs particulières de ces grains avant le brassage, il est très curieux de découvrir le résultat dans le produit final.

    Le produit final, vous pourrez aussi le découvrir, en exclusivité, au pub de Limoilou à compter de jeudi 24 novembre! Cette West Coast IPA sure nous propose une belle amertume et une acidité tranchante, soutenues par un bon sucre résiduel et des arômes subtils de caramel. On y découvre également, en fin de gorgée, le côté résineux du sapin qui vient complexifier le profil agrumé typique des bières de la côte ouest américaine! 

    SANTÉ! 🍻 

  • Une culture de collaboration

    Une culture de collaboration

    Depuis ses débuts, La Souche entretient des relations de proximité avec plusieurs microbrasseries de la région de Québec et des autres régions du Québec. Ces contacts ont donné lieu à plusieurs collaborations, toutes plus enrichissantes, en termes d’expérimentations et d’apprentissages, les unes des autres. Dans le cadre de l’Année de la Canardière, nous voulions souligner cet aspect du travail brassicole en invitant deux brasseries voisines à réinterpréter avec nous la recette de la Canardière. Nous en avons profité pour discuter avec Maxime Bergeron, de BG Brasserie urbaine, et Hugo Charland, brasseur en chef chez Brasseurs sur Demande (BDS), des collaborations dans le monde brassicole et des raisons qui poussent les brasseurs à s’associer entre eux pour créer de nouveaux produits.

    Les observateurs de la scène brassicole l’auront constaté: les collaborations entre brasseries sont répandues dans le milieu. Pour Hugo Charland, “ […] les collaborations entre brasseries, c’est quelque chose qui fait partie de la culture de la communauté brassicole. Les relations qu’on a entre nous autres, entre voisins, c’est très organique.” Plusieurs brasseurs le soulignent, une véritable fraternité règne dans le domaine. Pour la plupart, les microbrasseries ne se considèrent pas comme étant en compétition les unes avec les autres, mais se voient plutôt comme des alliés. “Quand une brasserie a besoin, soit d’un ingrédient ou d’un conseil sur une manipulation X ou Y, on est toujours là pour s’aider entre nous” nous confie Hugo.

    Le partage d’un savoir-faire ou d’une expertise semble être la principale raison d’être des collaborations brassicoles. Aller voir ce qui se passe ailleurs, permet aux brasseurs de sortir de leurs zones de confort et de faire des tests et des expérimentations qu’ils ne se seraient autrement pas permis. Selon Hugo de BSD, “Ça nous permet de voir un petit peu les procédés ailleurs, de voir comment d’autres brasseurs travaillent et de se partager tout simplement des petits secrets du métier.” Une grande diversité (en ce qui a trait aux méthodes utilisées ou aux ingrédients travaillés) caractérise le monde brassicole. Les différentes microbrasseries peuvent donc apprendre beaucoup les unes des autres. À titre d’exemple, une des collaborations réalisées plus tôt cette année, dans le cadre de l’Année de la Canardière, a amené notre équipe à réinterpréter cette recette de West Coast IPA, mais en utilisant uniquement des ingrédients québécois. Notre collaborateur du moment, la Brasserie rurale 11 comtés, nous a accompagnés dans la sélection des ingrédients afin que ceux-ci donnent à la bière le profil de flaveurs recherché. Pour éviter les échecs, les brasseries s’offrent mutuellement de l’accompagnement en fonction de leurs expertises respectives. Il devient ainsi plus tentant de faire des expériences et de repousser ses limites. Plusieurs produits de La Souche n’auraient pas pu voir le jour sans l’aide de collaborateurs qui ont fourni à notre équipe de production de précieux conseils. Ce fût le cas pour la Dérive, un Stout impérial au sirop d’érable pour laquelle notre équipe a pu compter sur le soutien de Luc Boivin de la Microbrasserie des Beaux-Prés.

    En plus de permettre aux brasseurs d’expérimenter, les collaborations entre brasseries sont également l’occasion d’offrir aux consommateurs un produit unique et exclusif. En y apportant leurs touches personnelles, deux ou plusieurs microbrasseries peuvent créer une bière d’exception. Il s’agit aussi d’une belle manière de souligner les occasions spéciales ou les anniversaires. C’est pourquoi le concept même de l’Année de la Canardière, élaboré pour célébrer nos 10 ans, est articulé autour de l’idée des collaborations et de l’apport de celles-ci à notre développement. La prochaine collaboration, qui sera lancée dans le cadre de cette année festive (13 octobre), nous a permis de développer, avec l’aide de nos amis de BG et de BSD, une Midwest Pale Ale. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un style en soi, cette nouvelle réinterprétation de la Canardière se veut une bière qui rassemble certaines des caractéristiques des West Coast IPA et des New-England IPA. Le résultat de cette hybridation: une bière opaque, onctueuse et de couleur pâle offrant une amertume tranchante et des notes tropicales provenant des houblons de la Côte Ouest américaine.

  • Créer une bière entre voisins!

    Créer une bière entre voisins!

    À l’occasion de notre 10e anniversaire, nous vous proposerons une série d’articles qui raconteront La Souche chacun à leur manière.  Inspirées par les différentes collaborations réalisées dans la cadre de l’Année de la Canardière, ces articles mettront de l’avant tout le chemin que nous avons parcouru, les collaborateurs qui nous ont et qui nous accompagnent toujours dans cette grande aventure et les valeurs qui nous sont chères. 

    La Souche est enracinée dans la communauté de Limoilou depuis ses débuts. Au fil des dix dernières années, ce quartier aux multiples visages a marqué notre développement et notre identité. Fiers d’appartenir à la communauté limouloise, nous partageons avec ces différents acteurs plusieurs valeurs fondamentales (telles que la solidarité, le développement durable et le partage). Ce quartier chargé d’histoire, tout en étant très dynamique et en constante évolution, a d’ailleurs été à plusieurs reprises une source d’inspiration pour notre équipe. En effet, que ce soit à travers les illustrations de nos bières ou dans le choix des noms de celles-ci, nous aimons raconter Limoilou. 

    Dans le cadre de l’Année de la Canardière et avec comme objectif de célébrer l’esprit de communauté propre au quartier Limoilou, nous avons eu l’idée d’inviter nos voisins, des commerçants avec qui nous partageons une vision, à venir brasser une bière pour les Limoulois!  Nous voulions que celle-ci, dans son idéation, dans son processus de production et dans sa recette, représente la vie limouloise et les valeurs de la communauté.

    1 – LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT AU CŒUR DES PRÉOCCUPATIONS DES COMMERÇANTS DU QUARTIER

    Indéniablement, lorsque nous interrogeons nos voisins commerçants, l’environnement figure dans le haut de la liste de leurs préoccupations. Tout comme nous tentons de le faire, nos comparses essaient d’inscrire le développement durable au sein de leurs opérations et dans leurs visions d’entreprise. Pour François Borderon, co-propriétaire de Borderon & Fils, une boulangerie qui propose des produits fabriqués avec des farines provenant d’une agriculture raisonnée (une agriculture se basant sur des pratiques visant à minimiser les impacts sur l’environnement), ce projet de réalisation d’une bière à l’image de la communauté limouloise devait s’inscrire dans une démarche environnementaliste. C’est ainsi qu’il a proposé à notre équipe de production d’utiliser, pour le brassage de cette bière, des pains invendus. Dans ce cas-ci, il s’agit de pain méteil (résultat de la moisson d’un mélange blé et seigle) séché et moulu, de manière à être introduit dans la recette de cette bière. Revaloriser une perte afin de créer un nouveau produit, nous a permis d’explorer le modèle de l’économie circulaire en brasserie. Dans le but de pousser plus loin l’initiative, les drêches de brassage seront récupérées par le boulanger pour être transformées en farine et utilisées dans la conception de nouveaux produits de boulangerie. 

    2- L’IMPORTANCE DE METTRE DE L’AVANT DES PRODUITS DE CHEZ NOUS! 

    Les entrepreneurs limoulois, à travers leurs projets et leurs pratiques, veulent inspirer leurs concitoyens et favoriser un mode de vie éco-responsable. Des entreprises, comme La Récolte, une épicerie à vocation zéro déchet, tentent d’offrir à leur clientèle un accompagnement et des solutions simples afin de faciliter cette transition. Pour Sylvia, gérante à la Récolte, sensibiliser les habitants du quartier à l’importance de l’achat local, en privilégiant les circuits courts dans leur approvisionnement, est une bonne manière d’y arriver. D’ailleurs, cette dernière retire beaucoup de fierté à présenter à sa clientèle des produits dont elle connaît la provenance, la manière dont ils ont été fabriqués ainsi que les matières qui les composent. Offrir aux consommateurs un produit qu’elle connaît très bien, parce qu’elle a contribué à sa création et à sa production, est pour elle, l’aboutissement ultime de cette vision. C’est pourquoi La Récolte a accepté avec enthousiasme de se joindre au projet que nous lui proposions et de vendre à sa succursale de Limoilou cette Canardière collaborative à travers laquelle les Limoulois pourront se retrouver!

    3- CONTRIBUER À L’IMAGERIE DU QUARTIER

     L’amour du quartier Limoilou est partagé par l’ensemble des participants à ce projet de bière collaborative. Les deux co-propriétaires d’Article 721, une boutique établie dans le Vieux-Limoilou depuis novembre 2012, ne font pas exception à cette règle. Ces deux entrepreneuses, qui se sont données pour mission de faire découvrir des artistes et artisans locaux, ont incarné leur amour du quartier dans la création de différents items, transformant ainsi leur attachement à celui-ci en véritable marque. En plus d’avoir participé à l’idéation de la Canardière des voisins, les filles d’Article 721 nous ont proposé de créer un sac réutilisable à l’effigie de cette nouvelle bière!

    4- TRANSMETTRE LE SAVOIR-FAIRE BRASSICOLE

    À travers ce projet, nous voulions miser sur les rencontres, l’entraide et la collaboration afin de créer un nouveau produit. Cette vision du projet a directement interpellé les membres de l’Atelier la Patente, un ensemble d’ateliers ouverts à la communauté, permettant à chacun de réaliser ces projets, dans une optique d’entraide. Avec comme objectif de venir acquérir un nouveau savoir-faire, Clarence, un membre actif de la coopérative, a embarqué dans notre proposition.  Le partage et la transmission des savoir-faire étant au coeur de la mission de la Coopérative, il y a fort à parier que les connaissances acquises par Clarence, lors de cette expérience en brasserie, seront transmises à d’autres membres lors des ateliers de brassage qui sont parfois  organisés dans leurs locaux.

    Vous êtes curieux de découvrir le résultat de cette démarche collaborative? La Canardière des voisins sera disponible en exclusivité à la boutique et au pub de Limoilou à compter du vendredi 16 septembre! 

    Suivez-nous sur nos réseaux sociaux pour avoir tous les détails sur cette bière. 

    SANTÉ! 🍻

  • Des bières au goût de notre territoire

    Des bières au goût de notre territoire

    Depuis son installation à Stoneham, La Souche a cultivé une idée qui m’a séduit d’entrée de jeu, celle d’intégrer un maximum de produits issus de la cueillette sauvage dans le menu des bières de la microbrasserie.

    Cette idée me plait d’abord pour ce qui est de la question identitaire, car arriver à faire des bières avec des produits qui viennent spécifiquement de chez nous, c’est offrir une contribution authentiquement québécoise au monde brassicole.

    C’est aussi une idée séduisante au sens où récolter ce qui pousse naturellement sur le territoire, c’est recevoir avec humilité les propositions de la nature, une sorte de “cocréation” avec des contraintes proposées au fil des saisons. Bref, décider de brasser les goûts du territoire, c’est prendre un chemin où l’on ne décide pas de tout, à commencer par les disponibilités des produits. En effet, il est difficile de brasser une bière à l’épinette en janvier si on n’a pas congelé le produit en juin.

    Lorsque Antoine, copropriétaire de La Souche, nous a demandé si on pouvait fournir des pousses de résineux et des fleurs sauvages, je ne croyais pas que ça permettrait de produire des bières comme la Tordeuse impériale, primée à Londres en tant que meilleure black IPA au monde! C’est tout un “feeling” de réaliser que la cueillette d’un produit sauvage peut mener à un pareil résultat. Ça génère de la fierté, bien sûr, mais surtout une prise de conscience fondamentale : la nature est généreuse et pour être en mesure de goûter ce qu’elle nous offre, il faut définitivement en prendre soin et, surtout, apprendre à mieux la connaître.

    Fréquenter Antoine, mais aussi Pierre et Jean-Christophe, qui œuvrent savamment au brassage des bières de La Souche, ça m’a également permis d’apprendre à brasser à la maison. J’ai fait mes petites expériences pour découvrir que les possibilités que nous offre la nature québécoise sont sans limites. Comment deviner que la fleur d’épilobe offrira un goût de gomme balloune lorsqu’elle aura été fermentée ? Ou encore comment imaginer la puissance du goût poivré que peut procurer la monarde ou la complexité et la subtilité des saveurs qui peuvent surgir de la fleur de pissenlit, récoltée au moment où elle est gorgée de soleil et de saveurs? C’est tout cet univers que nous avons découvert grâce aux cueillettes sauvages. 

    La forêt est là, tout autour de nous, dans la région de Stoneham-et-Tewkesbury, mais elle ne fait pas encore assez partie de l’équation, elle n’est pas assez présente dans nos réflexions sur le futur, dans nos panifications en lien avec notre développement social et économique. La forêt n’est pas qu’un décor, c’est un personnage de premier plan dans une région comme la nôtre et il faut continuer de l’inviter à notre table, la laisser entrer dans nos vies et faire les choix qui s’imposent afin qu’on puisse cuisiner et brasser de bonnes bières avec sa complicité pour longtemps encore. 

  • Miser sur la créativité et la passion de nos employé(e)s!

    À l’occasion de notre 10e anniversaire, nous vous proposons une série d’articles qui raconteront La Souche chacun à leur manière! Inspirées par les différentes collaborations réalisées dans le cadre de l’Année de la Canardière, ces articles mettront de l’avant qui nous sommes, le chemin que nous avons parcouru, les collaborateurs qui nous ont accompagnés dans cette aventure et les valeurs qui nous sont chères!

    À La Souche, nous sommes des trippeux et des trippeuses de bières de microbrasserie. Pour nos 10 ans, nous voulions témoigner de cette passion, qui anime notre équipe, en créant une version “employés” de la Canardière.

    Depuis nos débuts, nous tenons à offrir à nos employé(e)s un environnement de travail stimulant au sein duquel nous favorisons la créativité de nos équipes ainsi que l’exploration de nouvelles techniques, méthodes et ressources. Nos croyons qu’il est gagnant de mettre au cœur du développement de l’entreprise le potentiel de nos employé(e)s et d’ainsi promouvoir l’innovation et l’expérimentation. 

    C’est avec cette idée en tête, que nous avons lancé, à l’automne dernier, une invitation aux employé(e)s du département de la production. Nous avons demandé à chaque membre de l’équipe de proposer une recette de bière originale dans le but qu’elle soit produite à la brasserie expérimentale de Limoilou. Dans le cadre de ce projet, les employés sont impliqués dans toutes les étapes de production, du brassage à proprement parler au choix du nom de la bière. Ceci a donné lieu, jusqu’à maintenant, à la création de bières originales telles qu’une DDH NEIPA tangerine, lime et pêches, une Grisette boréale (poivre des dunes, comptonie voyageuse) ou une Saison sel, lime et poivre. Certains de ces brassins ont été de belles réussites, mais dans tous les cas, ils ont été des occasions uniques d’expérimenter de nouveaux ingrédients et des nouvelles techniques. 

    Dans le cadre de l’Année de la Canardière, nous avons eu envie de pousser cette initiative encore plus loin en impliquant l’ensemble des employé(e)s de La Souche dans la création d’une nouvelle recette. Tous les départements ont été impliqués dans ce projet et ont participé à la réflexion entourant la création de cette bière. Celle-ci a eu lieu lors d’une activité réunissant tous les employé(e)s de La Souche. Afin de rendre le processus efficace, les employés de tous les départements ont été mélangés au sein de huit équipes. Dans chacune d’elles, un brasseur dirigeait la discussion afin que toutes les équipes, au bout de l’exercice, puissent proposer une recette. Après la présentation des différentes propositions, les employé(e)s ont été invités à voter pour la recette qu’ils jugeaient la plus innovante. 

    Après compilation des votes, les employé(e)s de La Souche ont porté leur choix sur une Nano IPA au pamplemousse (2,7% alc./vol.). 

    Disponible au pub et à la boutique de Limoilou. 

    SANTÉ! 🍻

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